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(Click on thumbnails to enlarge)
Photo Copyrights: Jacqueline Hyde, (oeuvres 1979-1983)
Didier Gaillard (portraits), Paul Földes (oeuvres
récentes)
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Xavier Esselinck
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né en 1947 à Paris,
mathématicien,
enseignant à
l´Université
d´Orléans
(1969-1989)
actuellement
architecte,
co-fondateur
de l´Agence
XY Architecture
à Paris
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Contact
Xavier Esselinck
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Presque par Pascal Letellier
(Le Caire, janvier
1993)
Ainsi devait commencer et s'ouvrir un des
travaux que Xavier Esselinck, à la fin des
années 70 2, consacrait à la photocopie. Au
final, l'ouvrage faisait près de 300 pages non
numérotées 3 et se fermait sur une garde
rendue vierge, après total effacement du sens et de
sa texture travaillée par autant de repassages. Le
sujet, à force, avait été comme
absorbé par la machine (qui y mettait du sien!) et
ses lectures successives, éprouvantes. Cette
première note rédigée à la main
avait connu dans ces épreuves d'imperceptibles
métamorphoses et était vite devenue illisible,
faisant jouer en cours de manipulation toutes sortes de
scories et commentaires machinaux sur la partition graphique
énoncée par l'artiste. Un autre volume
proposait l'autoportrait dessiné de Xavier auquel la
machine - un modèle différent je crois 4 -
faisait subir maints tourments et anamorphoses dues à
l'optique de la photocopieuse. Il en résultait une
transformation cocasse du dessin initial jusqu'à ce
que celui-ci, après bien des étirements,
épuisé par la génération
innombrable qu'il avait engendrée, soit peu à
peu chassé de la page, de son propre cadre. Par le
coin droit, l'artiste avait quitté la scène!
C'est ainsi que j'ai connu Xavier
Esselinck, poète et fabricant de livres sur la
déperdition, d'éditions uniques de volumes sur
le multiple, la déclinaison et l'épuisement
des arguments. Ces gros bouquins sévères,
signés X.E. 5 et reliés de cuir noir comme des
registres nofariaux, m'apparaissaient comme des sommes, des
e encyclopédies célibataires, des
réflexions inexorablement lues avant même
d'être données à feuilleter. Bref,
quelque chose d'attachant à une époque
où le livre, la musique et la poésie visuelle
m'intéressaient.
Au début des années 80,
X.E. vivait et travaillait déjà dans une
péniche, Alma, accostée à Paris,
à proximité du Pont Sully. I1 avait choisi cet
emplacement non loin de la gare d'Austerlitz car X.E. - qui
était alors prof. de maths. à Orléans -
pouvait se rendre à pied en quelques minutes au train
les jours où il avait cours. Je trouvais ce rap
prochement astucieux et par la suite, X.E. me surprendra
souvent par les solutions simples et pratiques qu'il apporte
en principe aux problèmes de sa vie urbaine, au point
que ces pratiques puissent sembler au bout du compte les
plus insolites du monde. Il vivait donc dans les 38
mètres et quelque d'acier d'un Freycinet, toujours
prêt à décoller, et bercé
toujours mollement par la houle syncopée de la
Seine.
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Almost by Pascal Letellier
(Cairo, January 1993)
This is how one of the works that Xavier
Esselinck devoted to photocopying began in the late 1970's
2. At the end, after all meaning and texture had been erased
by so many passages, a work consisting of some 300
unnumbered pages 3 lay under the flyleaf. Inevitably it was
as if the subject had been absorbed by the machine -- which
had left its own traces -- and its many ruthless readings.
During these trials, this first note, written by hand, went
through imperceptible metamorphoses and quickly became
illegible, bringing into play all sorts of mechanical
residue and commentaries on the graphic score expressed by
the artist. Another volume showed a self-portrait drawn by
Xavier. A photocopier -- another model, I think 4 --
subjected it to many torments and anamorphoses because of
the machine's optics. The result was a surprising
transformation of the initial drawing which, after being
endlessly stretched and exhausted by the limitless
generations it had engendered, was progressively chased from
the page, from its own frame. Through the upper right-hand
corner, the artist had left the stage!
This is how I first came to know Xavier
Esselinck, poet and maker of books on loss, publishing
unique editions of volumes on the multiple, on the
declination and exhaustion of arguments. These severe big
books, signed X.E. 5 and bound in black leather, like a
notary's register, appeared to me as a mass, as single
encyclopedias, as thoughts that had been inexorably read
before they had even been browsed. In short, they appealed
to me at a time when I was interested in books, music and
visual poetry.
At the beginning of the 1980's, X.E. was
already living and working on a barge, the Alma, moored in
Paris, near the Pont Sully. He had decided on this location,
not far from the Gare d'Austerlitz, because X.E. -- who was
then a professor of mathematics in Orleans -- could get to
his train in a few minutes the days he had to teach. I found
this to be a clever choice, and later X.E. often surprised
me with the simple and practical solutions he found to the
problems of his urban life, to the extent where these
practices often seemed to be most unusual. This is how he
lived, in the 38 meters steel of a Freycinet, always ready
to take off, and softly rocked by the syncopated roll of the
Seine.
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encre sur papier 1974
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plomb plié 1984
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Une péniche, c'est beaucoup de
travail. Il faut être bricoleur pour entretenir un tel
bâtiment à fleur d'eau. C'est la soudure, la
mécanique, l'électricité, la
ferraille... L'Alma était ainsi une sorte de forge en
activité, un perpétuel chantier et un
laboratoire. C'est dans cet antre que X.E. s'occupait alors,
et c'est peut-être à cause de ce goût
pour la transformation et l'aménagement des espaces
qu'il a choisi un peu plus tard d'être architecte.
Plans, perspectives, maquettes, papier, carton...
Aujourd'hui les livres des déperditions et du temps
confondus sont rangés pour mémoire quelque
part, non loin d'un établi de plombier. L'artiste
riverain a mené depuis le temps d'autres recherches,
pris d'autres mesures et sa vie s'est
transformée.
Est-ce aussi pour simplifier l'existence
qu'il a choisi le carré? Il s'est arrêté
en tout cas à cette idée et dès
l'origine, exception faite des feuillets standards
qu'avalaient les photocopieurs au temps des livres, le
carré a été son espace, sa
géométrie. Mais nous y reviendrons
nécessairement. Chez X.E., ça tourne autour de
cette trame et de cette forme stable, ancrée aux
quatre coins, module par excellence et belle en soi. C'est
peut-être là une manière
d'échapper à un embarras de la forme,
justement, que la poser indifféremment, pour
travailler ailleurs l'espace, le volume. Les premiers
carrés ont été des toiles
montées pour le travail graphique, carrés et
croix, aplats de couleur noire ou blanche peu à peu
recouverts de gestes courts et obliques jusqu'à la
mise à jour, à la longue, d'une solution
contraire discontinue et transparente, vivace 6.
Et ainsi, au jeu du carré, du
volume, semble s'être naturellement imposé dans
l'oeuvre de X.E. celui des séries. Le travail agit
sur la discontinuité et la mise en relation de temps
contradictoires: celui continu de l'application de la forme
et son énoncé, et celui fragmenté par
l'intervention systématique du peintre
présent, à la brosse, à la diable, par
à coups et par le recouvrement, autre manière
sans doute de déperdition en cours,
d'énonciation ou de fermeture. Et ce double
traitement de l'espace finit par se confondre et se
répéter pour constituer des suites, des
séquences dans lesquelles X.E.
réfléchit, démontre et vient à
bout de sa théorie comme de lui-même. Mais le
travail physique, artisanal et brut est ainsi toujours
présent et sensible dans ces propositions. A la
perfection objective de la forme et du simple projet
viennent se commettre les signalements à peu
près de l'artiste intervenant au crayon, au pinceau
ou à la pointe sèche pour donner corps. C'est
autrement dit un art concret.
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A barge is a lot of work. You have to
know how to use your hands to keep up a building such as
this, floating on the water. It means welding, mechanics,
electricity, steel. The Alma was a functioning forge of
sorts, a perpetual work site and laboratory. It was in this
cavern that X.E. then worked, and it is perhaps because of
his taste for transforming and arranging space that he chose
somewhat later to become an architect. Drawings,
perspectives, models, paper, cardboard... Today, the books
on loss and the confusion of time are put away somewhere for
the sake of memory, near a plumber's bench. Since then, the
river artist has searched elsewhere, weighed other
possibilities, and his life has changed.
Was it to simplify his existence that he
chose the square? At any rate, he came to a halt at this
idea. From the beginning -- with exception to the
standard-size sheets of paper consumed by photocopiers at
the time of his books -- the square had been his space, his
geometry. But, in any case, we will get back to that. X.E.'s
work revolves around this stable form; it runs through his
work like a thread, anchors it in four corners, the perfect
module, and beautiful in itself. This way, perhaps, he can
free himself from the multitude of form, subduing and
rendering it indifferent, so that elsewhere he can work on
space, on volume. The first squares were stretched canvases
for graphic art, squares and crosses, thinly applied in
black or white, progressively covered with short and oblique
movements until, slowly, a contrary, transparent,
discontinuous and vivace solution comes to light 6.
This interplay of square and volume lead
quite naturally to that of the series, which gradually
imposed itself on the work of X.E. Here, discontinuous and
contradictory time is brought into relation: continnous,
where the form and its meaning is applied, and fragmented
where the painter at work systematically intervenes with his
brush, haphazardly stroking and covering. Without a doubt,
this is the making of another loss, expression, or silence.
Ultimately, this two-fold treatment, of space merges and
repeats itself, creating a series wherein X.E. ponders,
demonstrates, and comes to the end of his theory, and of
himself.
In his work, however, there is always a
physicality, a rawness, and crafts- manship that can be
felt. The artist intervenes in the objective perfection of
the form and the simplicity of the project with his pencil,
his brush, or the drypoint, giving it body. In other words,
this art is concrete.
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triptyque plomb or 37 x 30 x 8 cm, 1992
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Et est-ce par goût pour la
manipulation ou pour les concepts que X.E. est passé
un jour de la feuille de papier au plomb? Le crayon va
absorber là son support et son âme. Le travail
se liberè quand la page trouve sa parfaite
métaphore et son impossible. Sur un fort
châssis de bois de petite taille, l'artiste
déroule une couche de plomb qu'il applique, plie et
fait tenir comme une toile. Comment mieux
matérialiser le volume et son geste? Le travail
dès lors reprend les formules de la peinture:
grattage, polissage, recouvrement mais le support
carré s'impose d'emblée comme un objet pesant.
C'est presque un cube que l'artiste va manipuler, caresser
et polir en sculpteur. Le choix du plomb résout dans
un sens la contradiction entre l'argument et son
énonciation-épuisement, entre le papier
maquette de l'architecie et le métal du forgeron, I
entre la forme abstraite et son toucher, son travail et sa
réaction au regard ou à l'acide impro-; bable,
entre peinture et sculpture. C'est aussi sous l'aspect d'un
vélin presque intouchable que se présentent
les feuilles d'or. X.E. file la métaphore avec ce
précieux matériau qui agît dès
lors comme les recouvrements discontinus des toiles
anciennes, mais avec une approche nouvelle de la
matière qui, là comme plus tard avec le
soufre, est proposée dans sa neutralité
première comme le noir et blanc des peintures
d'autrefois. Mais la couleur du recouvrement maintenant fait
tabou. Et c'est la mise du carré dans le
carré, du volume doré à la feuille, du
double jeu de l'ombre à la clarté, du lisse au
rugueux, du plomb et de l'or, parfois repris sous forme
d'exercices graphiques sur des pages de papier pliées
aussi, théâtralisées de toute
manière en regard d'un modèle plombé,
couché et plié de même, comme on
manipule une feuille rectangulaire pour la réduire au
carré, à la boite... Et ainsi de suite.
L'intrusion du matériau dans le travail correspond
d'ailleurs à peu de choses près au moment
où le théeoricien des mathématiques
à choisi de devenir architecte et de s'appliquer a
construire.
Il y a de l'ironie chez X.E., quelque
chose de drôle même dans l'ecart entre
l'austérité presque mystique des travaux
minimalistes qu'il conçoit, et la facon de les
traiter par la fabrique de ces châssis de bois et la
jouissance transmise de leur enrobement contourné de
plomb, d'or fin ou encore de soufre dans les projets
récents. Mais tout cela est logique et tient d'un
calcul utopique d'ingenieur autant que d'une simple
déclinaison que l'on pourrait considérer
à partir des livres qui eux-mêmes
étaient des volumes contenant - emboîtant - une
forme de disparition. La photocopieuse des débuts,
déjà, était un four où la poudre
d'encre venait se consumer et se fixer, transformant
l'argument par l'épreuve du feu! Dans sa forge
aquatique, les travaux en cours de X.E. évoquent bien
sûr les mystères de l'alchimie avec leurs
instruments de combustion et de matières
fondamentales. Quelque chose d'initiatique, de grave dans le
recours à la simplicité et aux
matières-premières et de très sensuel,
aléatoire dans la manipulation induite par ce pigment
jaune 8, la pate molle du plomb ou l'application des
pellicules d'or. Le carré devient la fin en soi d'un
espace et d'un volume absolus, productifs,
indéfiniment répétés. Et ce sont
des objets de contemplation, des icônes,
elles-mêmes objets de toutes sortes d'attractions et
de mises en formes, reprises de maniere paisible et
appliquée, notamment dans les travaux de soufre avec
les diverses façons de traiter cette fleur lumineuse
et volcanique en la répandant, en la
mélangeant ou en la traitant par touches successives
à l'aide de spatules quand l'or ou le plomb pouvaient
être gravés, marqués, pliés,
frottés, accrochés, atfaqués à
l'acide ou à la pointe d'acier. Le métier du
graphiste et du peintre trouve là des perspectives
nouvelles, à partir d'un projet de
sculpteur.
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Was it his desire to touch or a concern
for concepts that one day brought X.E. from paper to lead?
Here his pencil absorbs its very support and soul. The work
frees itself, when the page finds its perfect metaphor and
its impossibility. On a strong and small wood chassis, the
artist unrolls a layer of lead which he applies, folds, and
attaches like a canvas. How can one better create volume and
demonstrate its action? Henceforth, his work proceeds like
painting: grating, polishing, covering. But the square
support soon imposes itself as an object of weight. It is
almost as if the artist were handling a cube, caressing and
polishing it like a sculptor. In a sense, choosing lead
resolves the contradiciton between the argument and its
final expression, between the architect's paper model and
the blacksmith's metal, between the abstract form and its
touch, between his work and its reaction to scrutiny or
improbable acid, between painting and sculpture. Under a
seemingly untouchable layer of what seems to be vellum also
appear the leaves of gold. X.E. spins the metaphor with this
precious material which from then on acts like the
fragmented covering of an old painting. But he has a new
approach to matter which, as later on with sulfur, he
presents in its primary neutrality like black and white in
his earlier paintings. Color, however, is now taboo. It's
squares placed inside squares, the volume of gold versus the
leaf; it's the double play of light and shadow, of smooth
and rough, of lead and gold, sometimes repeated as graphic
exercises on pages of folded paper -- at any rate
theatrical, as with a leaded model, laid down and folded, as
one would handle a rectangular sheet reducing it to a
square, to a box... and so on. The intrusion of materials
into his work occurred more or less at the same time as when
the mathematical theorist decided to become an architect and
build 7.
X.E.'s work has irony. There is something
amusing in the contradiction between the mystical austerity
of the minimal works he conceives and the way he treats
them, first building a wood chassis and then conveying
pleasure by enveloping them in lead, fine gold, or sulfur,
as in his most recent projects. But all this is logical, and
results from the utopian calculation of an engineer, as well
as from a simple declination revealed in his books, volumes
which themselves already contained -- housed -- a form of
disappearance. From the beginning, the photocopier was an
oven in which the powdered ink consumed and fixed itself --
transforming the argument by fire! In his aquatic forge,
X.E.'s works in progress do of course evoke the mysteries of
alchemy, with their combustion instruments and basic
materials. There is something that initiates, something very
serious in his resorting to simplicity and primary matter;
and there is something very sensual and hazardous in the
transformations brought about by the use of yellow pigment
8, soft lead, or the application of gold leaf. At the end of
absolute, productive and indefinitely repeated space and
volume there is the square. These are objects of
contemplation, icons, attracting attention and asking to be
shaped gently and carefully. In the works using sulfur, the
luminous and volcanic flower is spread, mixed, or applied
with spatulas in successive strokes; the gold or lead is
engraved, marked, folded, rubbed, hung, etched with acid or
a stylus... here, the craft of the graphic artist or painter
gains new perspectives from what is essentially a sculptor's
project.
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triptyque plomb or 37 x 30 x 8 cm, 1992
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plomb or 37 x 30 x 8 cm, 1992
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X.E. travaille le volume virtuel, sa
constitution et son effacement. C'est dans ce mouvement que
chez lui les solutions pour une survie, la fabrique d'objets
de nécessité ou d'absurdité, le recours
à des bases minimales, le métier et le plaisir
partieipent d'un même projet singulier.
Le rappel à l'ordre, le nombre
sont portés chez X.E. par une sorte de
métaphysique et la recherche d'une maitrise telle que
l'artiste n'aurait plus à intervenir dans la
reproduction d'un modèle qui, dès lors, ne
vaudrait que par l'écart ou la différence
sensible entre deux. Comme dans ces photocopies où
X.E., participant en manipulateur, assistait avec humour
à la perturbation de sa propre image jusqu'au
renoncement final à toute possible lecture et
jus-qu'à la page avant-première
restituée dans l'achèvement, les volumes
actuels, dans la multiplication de leurs reprises en
séries, se répondent et mettent en
réaction les différences et l'écart
même qui permet au travail de se
régénérer à loisir, jouant
à chaque fois - pour voir - les termes de
combinaisons aussi directes, indifferentes et
instantanées que celles des coups de dés, ou
presque.
Notes: Ce texte, écrit de
mémoire à l'étranger, comporte un
certain nombre d'inexactitudes qu'il convient de corriger.
Les notes suivantes renvoient à certains passages
permettant une autre lecture plus objective des propos sur
le travail et l'ceuvre de Xavier Esselinck
1 - Le texte exact en tête du
premier livre était: Ce livre est composé de
la manière suivante: la première page est un
original manuscrit écrit le 22 janvier 1979 à
Orléans. La seconde page est la photocopie de la
première, la troisième est la photocopie de la
seconde et ainsi de suite jusqu'à disparition
complète du texte copié. (Orléans, le
22 janvier, Xavier Esselinck, Disparition I)
2 - Le premier livre date du 22 janvier
1979. Il sera suivi par 10 autres,
reliés de la même façon.
3 - Chaque page porte en fait le
numéro de sa génération
4 - Chaque livre a été
réalisé à l'aide d'un modèle de
photocopieur différent. Pour celui-ci, l'artiste a
utilisé une ...
5 - Ces livres intitulés
Disparition étaient en fait signés X.
Esselinck avec le numéro (chronologique) de
l'ouvrage. Ce n'est que plus tard que l'artiste estampillera
ses travaux X.E.
6 - Les premières toiles, comme
les premiers dessins, ne comportaient que des formes
géométriques (lignes, carrés, rarement
des cercles) traçées au trait ou en aplats de
surface noire, le tout sur un fond uniformément
blanc. Ce n'est qu'après 1980 que ces gestes courts
et obliques ont recouvert de manière uniforme la
surface de la peinture
7 - Xavier Esselinck a ouvert en 1989
à Paris une agence d'architecte nommée XY
8 - Les premières
expérimentations au soufre datent de 1992 alors que
l'usage du plomb est beaucoup plus ancien.
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X.E. works with virtual volume, on its
constitution and obliteration. In this movement, the
solutions for survival, the making of necessary or absurd
objects, the resorting to minimal bases, craft and pleasure
all participate in the elaboration of this one singular
project. The whole is kept under control with a metaphysics
of sorts and a mastery whereby the artist need no longer
intervene in the reproduction of a model; from then on, it
exists solely by that which differentiates it from another.
With the photocopies X.E. -- in the role of manipulator --
amusedly watched his own image being perturbed until nothing
was left to be read and until
the flyleaf alone was reconstituted in
its entirety. The present volumes multiply their own copies
in series, answer each other back and forth, and bring into
relation their differences which allows this work to
regenerate itself freely, playing each time -- to see -- the
direct, indifferent and instantaneous combinations of dice
being thrown, or almost.
Notes This text -- written from memory
and in another country -- contains a few errors which need
to be corrected. The following notes will allow the reader
to get a more objective understanding of Xavier Esselinck's
work
1 - The precise text of the first book
reads as follows: This book consists of the following: the
first page is an original manuscript written on January
22,1979 in Orleans. The second page is a photocopy of the
first, the third is a photocopy of the second, and so on
until the copied text has completely disuppeared. (Orleans,
January 22, Xavier Esselinck, Disparition I)
2 The first book dates from January 22,
1979. It was to be followed by ten others,
bound in the same manner
3 - Each page bears, in fact, the number
of its generation
4 - Each book was made with a different
model of photocopier.
For this one, the artist used a...
5 - The books entitled Disparition were
in fact signed X. Esselinck with the (chronological) number
of the work. It is only later that the artist signed his
works X.E.
6 - The first canvases, like the first
drawings, consisted solely of geometric forms (lines,
squares, rarely circles), either traced with a line or
consisting of uniformly black, flat surfaces, the whole on a
completely white background. Not until after 1980 did short
and oblique strokes uniformly cover the surface of the
paintings
7 - In 1987, Xavier Esselinck founded an
architecture firm in Paris called XY
8 - The artist first started using sulfur
in 1992, whereas his use of lead dates from much further
back.
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plomb soufre chataignier chaque 15 x 15 x 2,5 cm, 1993
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plomb griffés 15 x 15 x 6 cm, 1992
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soufre plomb médium 15 x 15 x3 cm, 1993

soufre plomb sur médium 30 x 30 x 3 cm, 1993

acrylique sur toile 150 x 150 cm, 1993

acrylique sur toile 150 x 150 cm, 1993
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Individual exhibitions
(selected)
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1974
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Novembre à Vitry
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1975
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Réalités Nouvelles, Paris
Grands et Jeunes d´Aujourd´hui, Paris
Novembre à Vitry
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1976
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Contradictions American Center, Paris
Réalités Nouvelles, Paris
Grands et Jeunes d´Aujourd´hui, Paris
Galerie Noroit, Arras
Centre Culturel 17, Paris
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1977
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Réalités Nouvelles, Paris
Grands et Jeunes d´Aujourd´hui, Paris
Formes et Couleurs, Billom
Centre Culturel, Morsang sur Orge
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1978
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Atelier de Recherche Esthétique, Caen
Université de Caen
Réalités Nouvelles, Paris
Galerie Teatru Studio, Varsovie
Grands et Jeunes d´Aujourd´hui, Paris
Novembre á Vitry
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1979
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Galerie Ferm, Malmö-Suède
Galerie Mart Rockenberg, R.F.A.
Grands et Jeunes d´Aujourd´hui, Paris
Galerie Zapiecek, Varsovie
Galerie La Cuvée, Lachassagne
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1980
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Galerie Art et Culture, Paris
Atelier de Recherche Esthétique, Caen
Galerie La Billebaude, Paris
Jeune Peinture - Jeune Expression, Paris
Grands et Jeunes d´Aujourd´hui, Paris
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1981
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Bilan de l´Art Contemporain,
Québec
Galerie N.R.A., Paris
Triennale de l´Abstraction, Caen
Galerie Caroline Corre, Paris
Galerie Ferm, Malmö-Suède
Jeune Peinture - Jeune Expression, Paris
Grands et Jeunes d´Aujourd´hui, Paris
Ars Machina, Rennes
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1982
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Stadtmuseum, Graz-Autriche
Institut Francais, Graz-Autriche
Grands et Jeunes d´Aujourd´hui, Paris
Maison de la Culture, Le Havre
Université de Vienne, Ausriche
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1983
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Institut Francais de Vienne, Autriche
Centre Culturel Francais
de Belgrade, Yougoslavie
Château de Buchberg, Autriche
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1984
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Château de Buchberg, Autriche
Galerie La Cuvée, Lachassagne
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1987
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Centre Culturel Francais de Turin, Italie
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1992
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Robert Morrison Gallery, New-York
Galerie Alessandro Vivas, Paris
Willow Gallery, New-York
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soufre chataignier chaque 50 x 50 x 3,5 cm, 1993
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Cauchy plomb sur médium chaque 15 x 15 x 3 série de 10 série de 7 série de 3, 1993
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